La décision d’adopter la qualité de société à mission émane avant tout de la volonté d’orienter l’activité de son entreprise vers la poursuite d’objectifs sociaux ou environnementaux tout en soutenant sa performance. La démarche de transformation se mène en mobilisant ses parties prenantes dans une démarche de transparence. Elle impose courage et engagement sincère pour poursuivre les objectifs définis, des objectifs placés au cœur de ses activités.

Se fixer un cap : interroger la finalité et la culture de son entreprise, et l’ancrer sur un temps long

Repenser et affirmer son rôle sociétal en s’engageant dans cette démarche exigeante et transformative permet à l’entreprise de se définir une boussole qui lui est propre.
Réfléchir sur sa mission, c’est prendre le temps de se poser des questions de fond, qui vont au-delà de la stratégie. C’est tout d’abord un travail d’introspection qui permet de s’interroger sur ses racines, sa singularité, sa culture, son identité.
Définir sa mission est aussi un exercice de projection, vers l’avenir et vers l’extérieur. Les dirigeants voient ainsi dans la mission un trait d’union entre les origines de l’entreprise et sa vision de l’avenir, entre son fonctionnement interne et son environnement.
En impulsant une dynamique collective et itérative, la mission permet en outre de stimuler les dirigeants, les salariés et les actionnaires autour d’un projet d’entreprise engageant.
Cela implique d’établir une stratégie conforme à la mission que s’est choisie l’entreprise, l’amenant à réviser son modèle d’affaires et ouvrir de nouveaux champs d’innovation.

« Quand la loi PACTE est sortie, nous l’avons regardée parce qu’elle nous a permis de formaliser dans nos statuts notre projet d’entreprise. De ce fait, ça nous a permis d’être en parfait alignement entre l’actionnariat, l’équipe de direction et les collaborateurs. C’est un mouvement qui est venu de l’intérieur de l’entreprise et qui nous a permis de nous projeter et d’avoir un cap commun […] C’est assez puissant parce que ça fédère et mobilise toutes nos ressources internes vers ce projet d’entreprise. Ça nous oblige à traduire dans des actions et en même on est, en termes de gouvernance, challengés par le comité de mission. »
Frédéric Delloye
Frederic Delloye
CEO de Anaïk, lors du lancement du premier baromètre de l’Observatoire des Entreprises à Mission

Renforcer la pérennité de son activité en conjuguant impact social, environnemental et économique positifs

Dans le contexte d’urgence sociale et environnementale et de méfiance envers les entreprises, il devient primordial pour celles-ci de se questionner sur leur impact et de se réinventer.
La performance de l’entreprise ne s’exprime plus uniquement en considérant sa performance économique de court terme. En remettant l’utilité sociétale et la capacité d’innovation au cœur de son modèle d’affaires et de gouvernance, les entreprises à mission misent sur une performance de long terme, gage de leur pérennité.
L’inscription statutaire de la mission permet de sécuriser les fondamentaux de l’entreprise dans la durée, afin qu’ils soient maintenus en cas d’éventuels changements de direction ou d’actionnariat.

Mettre la gouvernance au service de l’entreprise

Créer un dialogue entre les dirigeants et les actionnaires

L’inscription de la mission dans les statuts de l’entreprise ouvre un cadre d’échanges à l’échelle de la gouvernance de l’entreprise. Notamment parce que l’inscription statutaire doit être votée en Conseil d’Administration par les actionnaires qui sont, de fait, impliqués et engagés.
Par ailleurs, un nombre croissant d’investisseurs (dont au premier plan les fonds d’investissement) et d’acteurs financiers au sens large, sont sensibles à la société à mission, qui leur donne un cadre performant de pilotage de l’impact.
Pour les filiales de groupes, la mission peut aussi permettre d’expérimenter un nouveau modèle et de se positionner par rapport à la maison-mère.

Enrichir sa gouvernance

Le comité de mission est l’une des innovations proposées par la loi. Après avoir défini ses objectifs statutaires de mission, l’entreprise compose le comité de mission et en définit son fonctionnement. Ces choix sont clés car ils traduisent l’ambition que se donne l’entreprise au regard de sa mission.
Ce nouvel organe de gouvernance de l’entreprise a alors vocation à interagir avec le Conseil d’Administration, ainsi qu’avec le CSE.

Développer l’engagement des collaborateurs et la marque employeur en redonnant du sens à l’entreprise

Devenir société à mission génère un impact positif sur l’attractivité employeur

Une entreprise perçue comme sincèrement engagée est et sera plus à même d’attirer des talents. Dans les entreprises à mission, cet engagement devient statutaire et s’impose à tous sur le long terme, ce qui crédibilise et légitime la démarche. L’entreprise, en devenant une communauté d’investissement des énergies dédiée à un projet de création collective, suscite un intérêt amplifié.

En engageant ses collaborateurs dans un projet de création collective, la mission devient un outil de management

Ceci est d’autant plus marquant pour les entreprises ayant embarqué leurs salariés dès l’amont de la démarche et modifié leur approche managériale. Engager ses salariés via la réalisation d’une mission claire et ambitieuse devient un levier de motivation et donc de performance pour les entreprises.
La mission, une fois ancrée dans les pratiques de l’entreprise grâce à des engagements traduits en actions, devient un cadre de référence que l’ensemble des salariés s’approprient. Pour les managers, il s’agit d’un point d’appui pour transmettre les valeurs de l’entreprise et donner du sens à l’activité des collaborateurs.

Embarquer son écosystème et améliorer la confiance des acteurs par le partage de ses engagements

Les entreprises sont des acteurs importants pour contribuer à résoudre les grands enjeux environnementaux et sociaux. Pour ce faire, une des conditions sine qua non est de développer des relations pérennes avec l’ensemble de ses parties prenantes, qu’elle considère, écoute et embarque dans ses prises de décision.
Le cadre de la société à mission permet d’impliquer les parties prenantes externes clés de l’entreprise dès la phase de définition de la mission. Ce travail collaboratif est alors une manière d’ouvrir la réflexion à des acteurs externes et d’en faire des “critical friends” afin d’enrichir la mission par un effet miroir.
En explicitant la vision et l’ambition sociétale que se fixe l’entreprise, la mission permet à l’ensemble de ses parties prenantes de partager une grille de lecture commune. Lors de la vie de la mission, celles-ci deviennent alors des protagonistes de la réussite des engagements pris par l’entreprise.
Les activités de l’entreprise, via l’implication de l’ensemble de la chaîne de valeur, génèrent alors de l’impact.

Une réputation renforcée auprès des clients

La mission est une réponse aux attentes des clients de l’entreprise, de plus en plus informés et sensibles aux produits et services qu’ils achètent et à la cohérence avec la façon dont l’entreprise est gérée. Elle peut ainsi créer un enrichissement de la relation entre une entreprise et ses consommateurs, comme elle peut participer à consolider l’image que ces derniers en ont.

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